Comme je viens que une fois tout les 2/3 jours sur le forum et qu'a chaque fois y'a plus de 300 messages voir 1000 une fois comme on est en periode de JO , je ne sais pas si l'article à déja été posté mais je le poste au cas où!
×Citation:
À 17 ans, Mira Boumejmajen a intégré in extremis l’équipe de France olympique
À la faveur de la blessure d’une titulaire, la polyvalente Vierzonnaise, réserviste exemplaire et pétrie d’esprit d’équipe, sera de l’aventure olympique. Quelle récompense pour son club formateur !
La grande saga olympique en regorge, de belles histoires. Pensez donc ! Depuis le fameux marathon originel couru par Phidippidès, qui nous met tout de même à quelque chose comme 490 avant JC, la légende a eu tout le temps de s'écrire.
Mais l'histoire de Mira, la petite Vierzonnaise, vaut d'être contée. Parce qu'elle est belle, et exemplaire.
« La réussite de Mira démontre qu'on peut y arriver quand on n'a pas forcément beaucoup d'atouts de son côté, résume Valérie Sajot, qui a découvert et formé la championne à La Vierzonnaise. Lorsqu'elle est arrivée chez nous, en janvier 2004, elle avait pourtant des qualités physiques, sportives et acrobatiques évidentes. À huit ans, elle maîtrisait l'équilibre et la roue, elle était très tonique, très courageuse surtout. Une petite fille qui apprenait facilement, sans effort, parce qu'elle écoutait et regardait attentivement. Et donc elle pigeait tout très, très vite ! »
Mira venait de la cité Henri-Sellier. Un quartier dur, difficile de Vierzon. Une séance d'initiation avait suffi à la convaincre que la gym était faite pour elle, à ses mesures. Pour le reste, Valérie Sajot fondait, déjà, de grands espoirs en sa petite protégée, « une gamine comme on n'en découvre qu'une fois dans une carrière d'éducatrice ».
Un dispositif providentiel
Si l'histoire a pu continuer, c'est que d'autres ont aidé la bébé-championne à s'épanouir et à se réaliser. « Mira a pu bénéficier du dispositif du contrat éducatif local (CEL), explique Valérie Sajot. La ville de Vierzon l'avait mis en place à destination de ses ZUP (les zones à urbaniser en priorité NDLR). Grâce à ces mesures, la famille de Mira a pu être soutenue lorsque sa carrière a décollé. »
Car bien vite, Mira n'a plus trouvé de rivale à sa mesure dans les compétitions régionales. Dès 2004, elle était repérée par le Centre régional d'entraînement de Saint-Jean-de-Braye (Loiret). Elle y fait un court séjour, en 2006, avant d'intégrer le Pôle France de Marseille. Là, elle a progressé de façon décisive, jusqu'à atteindre la dimension internationale.
Volontaire, courageuse et équilibrée
« Le niveau, elle l'avait, assure Valérie Sajot. Elle était, elle est toujours, une excellente élève. Une fille équilibrée. Mais outre le déracinement, sa trajectoire représentait des frais conséquents. Sa famille a été aidée afin d'y faire face, un temps tout au moins. Le club, les collectivités, bien des gens y ont contribué. »
Mira, depuis, a rendu au centuple, sur les agrès, à tous ceux qui lui ont fait confiance. Elle revient souvent, et bien volontiers, à Vierzon et à son club, qu'elle a représenté en compétition jusqu'en 2011. Mais à l'automne dernier, il lui a fallu signer à Rouen, un club plus ambitieux.
Double chute
Car Mira Boumejmajen a toujours cru en elle, dans le petit monde ultra-compétitif de la gym féminine. Au fil des épreuves, Dieu sait pourtant si on l'a vue douter. En 2011, deux chutes terribles aux barres asymétriques (son agrès favori, avec la poutre) ont même fait craindre le pire. Sévèrement touchée aux cervicales, elle a réagi en compétitrice : médaille de bronze à la poutre aux France de Toulouse !
« Les Jeux, elle y a toujours pensé et l'a toujours dit bien haut, témoigne Valérie Sajot. Ni les revers, ni ses nombreuses blessures de fatigue et\ou de croissance ne l'ont détournée de son objectif. Mira est une immense bosseuse et elle a le mental qui va avec, même si elle stresse parfois très fort en compète… »
Sélectionnée à l'arrache
À l'orée des derniers Mondiaux de Tokyo, la Vierzonnaise avait dit tout son désarroi de devoir se contenter d'une place de remplaçante. Voici trois semaines encore, le même sort lui semblait promis : les jeux étaient faits pour les Jeux, sans elle… Et puis Marine Brevet, titulaire chez les Bleues, s'est blessée. Les réservistes ont été rappelées en catastrophe, des épreuves ont été organisées pour les départager et Mira, plus obstinée que jamais, est sortie du rang.
Comme quoi, on a beau tomber, et parfois très fort de très haut, il ne faut jamais lâcher…
Emmanuel Letreulle[/b]